journal intime

Mercredi 4 novembre 2009
Il y a des frères regardant si loin qu'ils offrent de nouveaux horizons.
Il y a le bleu de la voûte céleste, et toutes les couleurs au coeur de l'arc en ciel.
Il y a des labyrinthes où l'on croit se perdre et qui mènent vers soi.
Il y a des outils qui ne blessent pas les mains, mais pansent les plaies.
Il y a des décors pour un petit théâtre sans spectateur.
il y a parfois des comédiens des soufleurs...
                                     ...et quelques claques qui se perdent au poulailler.
Il y a un temps pour chaque chose de midi à minuit.
Il y a des cordons des chaînes, et cette liberté dans les offrandes de regards;
il y a des accolades et des signes distinctifs. Il y a l'avenir et le passif.
Il y a des mises à l'ordre et des gardes à vous qui en sont l'inversion.
Il y a des planches, du bois dont on fait  les berceaux, les cercueils et les grands brasiers.
Il y a des silences en musique et la musique des silences.
Il y a des excuses sans oboles et des oboles comme excuses.
Il y a des salaires sans chômage, et des grèves pour contempler l'horizon.


Il y a tout ça et tout un univers que je ne sais nommer. 
 
  hah
Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 3 novembre 2009
Il a  fermé les yeux, très fort. Ce n'était que sa chambre et pourtant il a vu (il me l'a juré)
il a vu les jardins d'Arménie.
Il a ouvert la bouche, très grand. Ce n'était qu'une pluie de Novembre et pourtant il a bu
(il me l'a juré) il a bu à la source de l'Araxe.

Il a ouvert ses oreilles, très bien. Ce n'était que le vent sur la plaine, il a entendu (il me l'a juré) il a entendu des chants vers là-bas, en s'excusant de n'être pas plus précis.
Il a dit, vers là-bas...Il a tendu ses mains, très haut.
Ce n'était que ses mains (il me l'a juré) parmi trois millions de mains.
Il a ressenti une profonde douleur quand ils lui ont coupé. Il me l'a juré.                        hah

Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 24 octobre 2009
Les feuilles sont parties avec le dernier orage.
Il reste une seule pomme rouge
épinglée aux branches tortueuses,
 griffant le ciel d'ardoise.

La pluie tout là-bas vers le nord,
 emmêle ses gouttes aux rayons du soleil couchant,
 dessinant au-dessus du pommier,
un arc-en-ciel très encourageant pour le printemps prochain.
   hah
Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 6 octobre 2009
Chaque jour il efface tous les messages de son répondeur après les avoir consulté.
...C'est Gaston, Nini te fait dire de ne pas oublier notre bouff' de samedi...Salut ma poule, alors on te voit plus, t'es mort où t'es pas mort, un coup de bigo nous ferait plaisir, on t'embrasse quand même, c'était Guitou...Bernard,si tu es là répond fais pas le con, tu fais chier un max, t'es jamais là...Bonjour c'est l'entreprise Grouchard à propos de vos travaux, merci de nous rappeler au 0466631632 pour un rendez-vous...Mon petit c'est ton papy j'ai appris pour ta copine et toi, dommage je l'aimais bien; enfin c'est vous qui voyez, allez je t'embrasse et mamie aussi elle t'embrasse...comment ? ah oui, elle te dit d'envoyer une carte du Maroc...
Et puis il y a le sien. Le Sien. Son dernier message, celui qu'il n'effacera pas et qu'il écoute de temps en temps comme un écho immortel.  
hah
Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 27 septembre 2009
De ce geste de la main qu'elle fit pour caresser sa nuque,
en passant derrière lui, il garde encore l'empreinte.
Personne ne le vit, personne ne le sut mais dès lors, leurs regards vrillés l'un à l'autre, et leurs sourires tendres, nouèrent une histoire qui se termine ainsi.
..."et puis le temps s'enfuit. Un jour une quelconque en le voyant passer sa main derrière son cou lui dit innocemment, as-tu mal à ta nuque ?
-Oui j'ai mal, c'est hélas incurable, personne n'y peut rien".        
  hah
Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 20 septembre 2009
Une feuille se balance entre deux arbres.
Elle ne tombe pas, non madame elle se balance tranquille, sous une brise
matinale.

Je l'ai regardée le temps de boire mon café.
J'ai mis quelques instants à comprendre pourquoi cette jolie feuille échappait à la loi
de la gravitation.

Feuille certes bien légère, mais la loi c'est la loi, personne n'y échappe, tous les gens d'armes
vous le diront.

Et voilà l'explication merveilleuse vous tenant en haleine:
Un fil d'araignée que je baptisais aussitôt Ariane évidemment, la retenait ainsi brillante de rosée
et tendrement rassurante.

Le temps des feuilles mortes est bien venu, mais cette feuille nous dit, rien ne presse,
 "au temps suspend ton vol"

il suffit parfois d'un peu d'imagination, comme disait Monsieur Trenet. 
 hah
Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 14 septembre 2009
En montant par la rue pentue, j'ai vu rouler vers moi un petit ballon rouge.
Je l'ai stoppé et ramassé en me disant, dans deux secondes va débouler un enfant courant derrière son jeu.
Et non.
Je suis arrivé au virage de la maison bancale. Personne.
La rue monte encore plus, et au second virage, devant celle que l'on dit ici "des volets clos", toujours rien.
Je me suis arrêté pour souffler, et comme je repartais avec ce ballon sous le bras, une petite voix a dit:
-Il m'a échappé, vous pouvez me le rendre s'il vous plaît ?
La voix venait de derrière le muret du jardin
d'à côté.
Une petite vieille, mignonne comme une robe à fleurs penchait la tête en souriant gênée.
Je lui ai tendu son ballon rouge.
Elle m'a dit merci monsieur...c'est pour me souvenir des mots, des mots de jeunesse, je perd aussi ma pauvre tête.
De l'intérieur de la maison une voix a crier, maman laisse les gens tranquille!
J'ai dit, amusez-vous bien madame, et un peu plus léger que précédemment j'ai continué de monter vers le haut du village. hah
Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 10 septembre 2009
J'ai entendu hurler dans la nuit. Je me suis dressé dans mon lit avec des frissons dans le dos.
Le silence pour toute réponse...
Pas de chien du voisin aboyant, nul mistral dans les micocouliers, même pas un coq matinal.
Il n'est que trois heures dix.
Je me suis rallongé, le coeur battant un peu trop fort.
Alors qu'au creux de l'oreiller, le sommeil revenait gentiment, je me suis souvenu
que je venais de rêver encore, d'un "GMC" se renversant dans un ravin,
dans un djebel, du côté de Sidi-Bel-Abbès.
Du claquements des armes automatiques et du cri de Jean-Pierre d'Abbeville.
Avant son long, sont trop long silence.  
hah
Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 9 septembre 2009
Sur une place sombre, derrière la mosquée bleue de Yérévan, il y a cinq chats.
Le premier a été déporté dans le désert de Deir Zor en 1915.
Le second fut esclave à Tchoroum de 1916 à 1925.
Le troisième s'enfuit en France.
Aujourd'hui c'est un touriste.
Le quatrième à lutté au Karabagh.
Ayant sauté sur une mine, il est aveugle.
Le cinquième a ouvert une salle de jeu dans un grand hôtel de cette ville.
Cette photo fut prise en 2007 par un sixième s'excusant de n'être pas arménien.             
hah
Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 8 septembre 2009
                                                   Il y a une chaise appuyée contre un arbre, dans la forêt voisine.
   Mais, il n'y a personne sur la chaise.
Un lierre coutumier des envahissements, à lié la chaise et l'arbre.

    Un oiseau s'est posé sur la chaise.
  L'instant d'embrasser du regard cette belle image.
       Vous pouvez aussi la voir. Fermez les yeux. 
hah
Par haira
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés